Les indulgences

Quelques explications et normes

Qu'est-ce que l'indulgence ?

 “L'indulgence est la remise devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés, déjà effacés quant à la faute, que le fidèle, bien disposé et à certaines conditions déterminées, reçoit par l'intervention de l'Eglise qui, en tant que ministre de la rédemption, distribue et applique avec autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints”. (Enchiridion des indulgences, Pénitencerie apostolique, 22 février 2000 pour sa traduction française.)* 

=> Eclaircissements

“Peine temporelle” ? : quand un homme commet un péché (pensée, parole, acte ou omission mauvais, en opposition à la loi divine, posé consciemment et volontairement par l'homme qui méprise ainsi l'amitié de Dieu), il s'oppose à la Sagesse et à l'Amour de Dieu, il introduit un désordre dans la création et détruit des biens immenses, tant en lui-même que dans la communauté humaine (voir la Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina, n° 2, du saint pape Paul VI). Ce désordre doit être réparé à la mesure de la gravité du mal commis. Pour réparer ce mal, il faut tout d'abord, et c'est bien là le principal, rétablir l'amitié avec Dieu qui a été soit affaiblie (par le péché véniel), soit détruite (par le péché mortel) au moyen de la contrition du coeur, c'est-à-dire par la repentance des fautes commises et par le ferme propos de ne plus les commettre à l'avenir (pour le pardon des péchés mortels, cette conversion du coeur inclut le désir et la réception effective du sacrement de la Réconciliation dès que possible). Par là, l'homme reçoit le pardon de ses péchés, mais il reste encore à réparer les dommages causés par ceux-ci. Ce sont l'ensemble de ces dommages qui constituent ce que l'on appelle “la peine temporelle due pour les péchés”. Il existe divers moyens pour obtenir la rémission de cette peine temporelle : tout d'abord, la réparation concrète quand c'est possible (ainsi, si j'ai volé 10 frs à mes parents, je peux les leur rendre). Mais souvent, cette réparation n'est pas possible : comment rendre la vie à une personne que l'on a tuée, comment rendre de grosses sommes d'argent volées et déjà dépensées. Ainsi, il existe d'autres moyens de réparer : notamment l'accomplissement de la pénitence donnée par le confesseur et d'oeuvres bonnes (matérielles et spirituelles). Mais souvent le pénitent ne répare jamais pleinement le mal commis en raison du manque d'amour envers Dieu (ou manque de contrition) avec lequel il accomplit sa pénitence ou les oeuvres bonnes en question. Aussi, il reste souvent des séquelles dues à nos péchés. L'indulgence, que l'Eglise accorde en puisant dans le trésor des mérites obtenus par le Christ et les saints (par l'accomplissement, dans la charité, d'oeuvres bonnes et donc méritoires), vient réparer complètement ou partiellement ces séquelles, selon qu'elle est plénière ou partielle.

“Les péchés déjà effacés quant à la faute” ? : une fois encore, c'est dans le sacrement de la réconciliation que s'opère de manière efficace et sûre le pardon des péchés, pour autant que le fidèle en ait la contrition, c'est-à-dire le regret qui implique douleur et détestation de l'acte par lequel il a offensé l'amour de Dieu. Une contrition parfaite peut ainsi obtenir le pardon des péchés, même mortels, mais celle-ci inclut la volonté de se confesser dès que possible. 

* (toutes les citations suivantes sont tirées de ce document romain, sauf autres indications). 

Combien de types d'indulgences ?

“L'indulgence est partielle ou plénière, selon qu'elle libère en partie ou totalement de la peine temporelle due pour les péchés." 

=> Eclaircissements : 

“Libère de la peine temporelle” : Sans redire ce qui précède, la peine temporelle doit se comprendre à la lumière de la doctrine sur le purgatoire. Ce qui n'est pas réparé ici-bas le sera au purgatoire, si nous mourons en état de grâce. Cela manifeste encore davantage ce précieux trésor de l'Eglise que de pouvoir être libéré de toutes les peines temporelles grâce aux indulgences (ainis, si un fidèle meurt après avoir obtenu de Dieu par l'Eglise l'indulgence plénière, il entre directement au Paradis, c'est pourquoi une indulgence plénière est toujours offerte aux mourants bien disposés qui demandent les derniers sacrements ou qui sont en état de grâce).  

Qui peut gagner une indulgence ?

“Tout fidèle peut gagner des indulgences partielles ou plénières pour lui-même, ou les appliquer aux défunts par mode du suffrage.” 

=> Eclaircissements : 

“Partielles ou plénières” : L'Eglise distingue entre l'indulgence partielle et l'indulgence plénière. Une indulgence partielle remet en partie la peine temporelle et l'indulgence plénière la remet complètement. L'indulgence partielle s'obtient sans forcément recourir au sacrement de la réconciliation, tandis que l'indulgence plénière la nécessite en plus de deux autres obligations : recevoir la sainte Communion en participant à la messe (le jour même idéalement ou dans les jours qui précèdent ou suivent) et la prière selon les intentions du Pape (également le jour même idéalement ou dans les jours qui précèdent ou suivent).

“Appliquer aux défunts” : La prière pour les défunts est une œuvre de charité importante. Les âmes en purgatoires ne peuvent plus rien pour elles-mêmes. Bien que sauvées, elles subissent une peine purgative que nous devons comprendre comme un effet de la miséricorde de Dieu, mais aussi de sa justice. Nous, les vivants, nous pouvons obtenir des grâces pour les défunts afin “d'accélérer” leur entrée au Ciel. Une âme au Ciel est une âme qui intercède pour nous et fait grandir la circulation d'amour entre l'Eglise du Ciel et l'Eglise pérégrinante (sur la terre). Nous comprenons pourquoi il est juste et bon d'offrir des indulgences pour les âmes du purgatoire, car plus vite elles seront auprès de Dieu, mieux nous nous porterons. 

Quelle est la valeur d'une indulgence partielle ?

“Au fidèle qui, au moins le cœur contrit, accomplit une œuvre à laquelle est attachée une indulgence partielle, est appliquée par l'Eglise la remise d'une peine temporelle de même valeur que celle qu'il obtient déjà par son œuvre.”

=> Eclaircissements : 

“Est appliquée par l'Eglise” : Le Christ a confié à son Eglise les trésors de ses mérites obtenu par son obéissance dans son offrande à son Père. Ces mérites du Christ obtenus dans la chaire sont infinis en raison de l'union qui unit l'humanité à la Personne du Fils (vrai Dieu). Ainsi l'Eglise puise dans les mérites du Christ qui a satisfait pour tous les péchés les remises des peines temporelles à la mesure de l'œuvre accomplit par le fidèle chrétien.