Pèlerinage jubilaire de l'UP Notre-Dame de l'Evi du 12 au 17 octobre 2025 à Assise et Rome
Mode d'emploi pour le visionnage de la vidéo-souvenir de notre pèlerinage : premièrement, dans votre plus grande poêle à bord haut, faites chauffer à feu vif ½ tasse d'huile, ½ tasse d'eau et une petite tasse de sucre, puis ajoutez-y les grains de maïs en mélangeant continuellement le tout. Dès que le premier grain éclate, couvrez la poêle et remuez-la jusqu'à ce que tous les grains aient éclatés. Laissez refroidir votre popcorn dans un saladier tout en préparant une boisson de votre choix adaptée à la saison (par exemple un bon thé chaud en hiver ou une limonade bien rafraîchissante en été). Ensuite, prenez votre ordinateur portable et asseyez-vous dans votre canapé le plus moelleux ou installez-vous confortablement devant votre ordinateur de bureau accompagné de votre saladier de popcorn et de la boisson préparée. Enfin, cliquez sur play et profitez du spectacle (pour les participants à notre pèlerinage, prévoyez également un paquet de mouchoirs, il se peut en effet que vous soyez touché par un brin de nostalgie).
Un IMMENSE MERCI à Tom Kanalik, participant à notre pèlerinage, pour toutes les heures investies dans la réalisation de cette vidéo.
Pour ceux qui préfèrent la lecture au film, ou ceux qui souhaitent une présentation détaillée des lieux visités, nous vous invitons à lire ce qui suit.
Notre groupe de pèlerins devant la Basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale du pape, à Rome (photo: Jacqueline Chassot)
En lien avec le jubilé 2025, événement universel qui concerne toute l'Eglise, nous avons organisé un pèlerinage jubilaire pour notre Unité pastorale, ceci afin de répondre à l'appel de l'Eglise de nous faire pèlerin d'espérance pour rencontrer Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, notre seul Sauveur, pour découvrir ou redécouvrir toutes les richesses de notre foi et pour être renouvelés en Lui, afin de repartir en hommes nouveaux, prêts à “rendre compte de l'espérance qui est en nous” (1P 3, 15).
Le pèlerinage a été accompagné par le curé modérateur de l'UP, l'abbé Joseph Gay. Si le but ultime de notre pèlerinage était la ville sainte, Rome, nous avons profité de cette occasion pour faire d'une pierre deux coups en faisant halte à Assise, afin de nous mettre dans les pas de saint François et de sainte Claire, ces deux grands saints fondateurs d'Ordres religieux (les Franciscains par François et les Clarisses par Claire), mais aussi de saint Carlo Acutis, jeune né en 1991 et décédé en 2006, en qui l'Eglise a reconnu un véritable témoin pour notre temps, un saint, qui a voué sa courte vie ici-bas au service du Christ. Nous pourrions même dire que nous avons fait d'une pierre trois coups, étant donné que nous avons fait une halte priante, au milieu du chemin du retour, au Sanctuaire marial de San Damiano.
Dimanche 12 octobre (1er jour) : en route pour Assise
Notre-Dame des Marches, intercédez pour nous !
Notre pèlerinage débute de manière matinale avec la sainte Messe, Source et Sommet de toute la vie chrétienne (cf. LG 11), au Sanctuaire de Notre-Dame des Marches à 6h00 du matin. Nous le confions ainsi à Jésus par l'intercession de la Vierge Marie, tout en sanctifiant ce jour consacré au Seigneur. Nous pouvons donc dire que nous le commençons de la meilleure des manières qui soit.
Nous avions donné rendez-vous au car de la compagnie “L'Oiseau Bleu” sur le parking des Marches, afin de prendre la première partie des pèlerins. Nous rejoignons dans un premier temps Martigny où nous faisons une halte pour récupérer le reste du groupe. A présent au complet, enfin pas encore tout à fait, nous nous dirigeons vers Bourg-Saint-Pierre où nous avons rendez-vous cette fois-ci avec le chauffeur qui nous accompagnera durant la semaine : Ricki. Une fois celui-ci embarqué et au volant de notre mastodonte bleu et blanc, au rythme de la Liturgie des Heures et du chapelet, nous prenons résolument la route d'Assise, ville italienne située dans la province de Pérouse en Ombrie. Nous y arrivons en début de soirée et nous nous garons dans le parking de l'Hotel Frate Sole (Frère Soleil, nom inspiré du cantique des créatures de saint François d'Assise). Après avoir pris nos quartiers, un bon repas chaud à l'italienne (donc bien copieux) nous attend, avant une bonne nuit de repos pour reprendre des forces (précédée d'une première plongée dans la ville d'Assise pour certains).
Statue de Notre-Dame des Marches, dans la chapelle qui lui est dédiée, à Broc, en Gruyère (photo du site du Sanctuaire : lesmarches.ch)
Lundi 13 octobre (2ème jour) : visite d'Assise et départ pour Rome
Basilique Sainte-Marie-des-Anges, Assise (photo: Jacqueline Chassot)
La Basilique Sainte-Marie-des-Anges à Assise
Nous commençons notre visite d'Assise par la Basilique Sainte-Marie-des-Anges qui renferme en son sein une petite église appelée “la Portioncule”. Cette dernière, l'une des églises que saint François avait restauré en son temps, est également celle où il a reçu sa vocation, celle où sainte Claire a consacré sa vie à Dieu, celle tout proche de laquelle saint François a rendu sa belle âme à Dieu (lieu aujourd'hui appelé “chapelle du Transit” qui se trouve également dans la basilique Sainte-Marie-des-Anges) le 3 octobre 1226. Enfin, elle est l'église pour laquelle le saint fondateur des franciscains avait obtenu du pape Honorius III que les pèlerins puissent y recevoir l'indulgence en y pénétrant, aux conditions habituelles pour recevoir l'indulgence. C'est donc un lieu très important pour l'ensemble de l'Ordre franciscain, ainsi que pour l'Ordre des Clarisses.
La Basilique Sainte-Marie-des-Anges a été édifiée entre 1569 et 1679, à la demande du saint pape Pie V, notamment dans le but de conserver ces deux lieux très importants pour l'Ordre franciscain que sont l'église de la Portioncule et la chapelle du Transit, mais également pour accueillir les nombreux fidèles qui y viennent en pèlerinage. Elle mesure 126m de long et 65m de large.
Statue de la Vierge Marie au sommet de la Basilique Sainte-Marie-des-Anges, Assise (photo: Jacqueline Chassot)
Messe célébrée par un groupe de pèlerins asiatiques à l'intérieur de l'église de la Portioncule, dans la Basilique Sainte-Marie-des-Anges, Assise (photo: Jacqueline Chassot)
La Basilique Sainte-Claire à Assise
La Basilique Sainte-Claire d'Assise a été construite entre 1257 et 1265, sur les fondations de l'église Saint-Georges préexistante dont ont été préservées une chapelle et la crypte, dans laquelle sont conservés le corps de sainte Claire, première disciple féminine de saint François, morte en 1253, ainsi que d'autres reliques : un vêtement de saint François et une veste réalisée par la sainte. Aux côtés de celle-ci repose également le corps de sa sœur, sainte Agnès d'Assise.
Le corps de la Basilique a été réalisé avec des pierres roses et blanches extraites des carrières du mont Subasio sur les contreforts duquel la ville est construite. Elle est de style gothique italien, avec arcs rampants sur un côté et une rosace sur la façade. Ses fresques de la voûte et du transept datent de la période qui va du XIIe siècle au XIVe siècle et sont de l'école de Giotto.
Dans la chapelle du Saint-Sacrement se trouvent quelques restes de fresques et surtout le crucifix de Saint-Damien qui, selon la tradition, aurait invité saint François, dans l'église de San Damiano, à « rebâtir son Église ».
Le clocher et l'arrière de la Basilique Sainte-Claire, depuis le chemin pentu qui mène à l'entrée de la vieille ville d''Assise (photo: Jacqueline Chassot)
Le crucifix de Saint-Damien, dans la Basilique Sainte-Claire (photo: Jacqueline Chassot)
Un maison à Assise, construite avec les fameuses pierres roses et blanches, style typique de la ville qui donne une magnifique unité à celle-ci (photo: Jacqueline Chassot)
Eglise Santa Maria Maggiore, avec le portrait de saint Carlo Acutis sur la façade, Assise (photo: Jacqueline Chassot)
Messe à l'église Santa Maria Maggiore à Assise auprès de saint Carlo Acutis
Cette église Sainte-Marie-Majeure d'Assise, aussi connue sous le nom de “Sanctuaire de la Spogliazione” (Sanctuaire du Dépouillement), est le lieu où saint François a tout quitté pour suivre le Christ dans la pauvreté. C'est dans cette église que le corps de saint Carlo Acutis a été transféré en avril 2019, après avoir été exhumé et retrouvé intact, c'est-à-dire avec tous ses organes, en juin 2018, soit près de 12 ans après son décès. L'évêque d'Assise, Mgr Domenico Sorrentino, a précisé que, bien qu'intègre, le corps de Carlo Acutis « avait été retrouvé dans l'état normal de transformation caractéristique d'un cadavre ». Par exemple, pour être exposé dignement à la vénération des fidèles, une reconstruction en silicone de son visage a été nécessaire. Ainsi, et contrairement à ce que l'on pourrait penser en le voyant, il n'y a pas de miracle liée à l'incorruptibilité du cadavre concernant Carlo Acutis, ce qui ne remet ni en cause la sainteté du jeune italien, ni l'existence de ce miracle pour certains saints (par exemple saint Jean de la Croix ou, plus récemment, saint Charbel Makhlouf).
Le Poverello d'Assise était l'un des saints préférés du jeune Carlo qui passait régulièrement ses vacances à Assise dans une maison appartenant à sa famille, raison pour laquelle il avait demandé à y être enterré. Saint Carlo Acutis avait été profondément marqué par l'humilité du Fondateur de l'Ordre franciscain. Peu avant sa mort, Carlo avait d'ailleurs confié à son père spirituel qu'Assise était le lieu où il se sentait le plus heureux.
La structure actuelle de l'église Santa Maria Maggiore date des XIe et XIIe siècles, bien qu'elle ait été construite sur une église paléochrétienne préexistante qui avait été à son tour érigée par-dessus un édifice romain. L'église a servi de cathédrale de la ville jusqu'en 1036, date à laquelle le titre a été transféré à l'actuelle cathédrale Saint-Rufin.
La Basilique Saint-François à Assise
Dès 1227, le pape Grégoire IX et le représentant des frères mineurs conventuels, le frère Elie de Cortone, ont l'idée de construire une basilique en l'honneur de François où ses reliques seraient présentées à la vénération des fidèles. Le 15 juillet 1228, deux ans seulement après sa mort, Grégoire IX est à Assise et procède à la canonisation de François en l'église Saint-Georges (voir à ce sujet notre compte-rendu sur la Basilique Sainte-Claire au-dessus), où reposait alors son corps ; le lendemain, 16 juillet, le pontife et le frère Élie, qui deviendra ministre général de l'Ordre franciscain de 1232 à 1239, posent la première pierre de l'imposante Basilique, comme convenu l'année précédente. Il est vite devenu évident que la nouvelle Basilique serait une specialis ecclesia, c'est-à-dire à la fois le sanctuaire abritant les restes du saint et l'église tête et mère du nouvel Ordre. Selon la tradition, c'est François lui-même qui a indiqué l'endroit où il souhaitait être enterré, sur la colline inférieure de la ville où étaient généralement enterrés les séditieux et les condamnés par la justice (peut-être appelée Collis inferni pour cette raison). Cette colline est rebaptisée Collis paradisi et la nouvelle Basilique est construite dessus, à la limite nord-ouest de la ville fortifiée. Les terrains proviennent d'un don de deux citoyens d'Assise au Saint-Siège et au soutien de la Commune. Si les dispositions testamentaires de François (1226) recommandent la construction d'églises selon la règle primaire de la pauvreté, disposition également confirmée dans le statut rédigé sous saint Bonaventure (1260), la Basilique présente une rupture évidente avec la rigueur typiquement franciscaine. Les structures ecclésiales sont considérées comme un moyen de transmission du message franciscain, surtout à travers les décors figuratifs qui doivent créer de véritables Biblia pauperum, des « Bibles pour les pauvres » illettrés et incapables de lire, mais qui peuvent s'instruire à travers les images.
Au départ, la Basilique (inférieure) devait correspondre aux deuxième, troisième et quatrième travées actuelles. Avec son plan rectangulaire, sa simplicité est alors proche du modèle franciscain. Lorsque frère Élie devient général de l'Ordre (1232), il est décidé de construire deux églises superposées, de proportions beaucoup plus grandes, qui exalteraient la gloire du saint Fondateur et de l'Ordre lui-même. Une nouvelle travée à l'est, le transept et l'abside sont ajoutés à la disposition originale, tandis que des piliers extérieurs et des contreforts sont construits pour supporter le poids de la Basilique supérieure. La double fonction du bâtiment s'organise ainsi : au niveau inférieur, l'église tombale et la crypte, destinées à l'usage des frères et des laïcs désireux d'approcher la tombe du saint ; au-dessus, la salle monastique, l'espace pour les sermons, destiné aux offices solennels et qui servait de chapelle pontificale quand le pape réside à Assise. L'ensemble est complété par un campanile en 1239.
Outre les fresque de Giotto et de Cimabue sont visibles dans les deux églises et les chapelles de la Madeleine et Saint-Martin : les fresques de Pietro Lorenzetti, de Palmerino di Guido, de Puccio Capanna, et le crucifix peint de Giuinta Pisano, les voûtes de Jacopo Torriti, la mosaïque et les vitraux de Giovanni di Bonino, ceux d'artisans français, et encore d'autres œuvres de peintres dits anonymes.
En 1939, avec la proclamation de François saint patron de l'Italie, la Basilique devient un sanctuaire national.
Basilique Saint-François, Assise (photo: Jacqueline Chassot)
Sur l'immense parvis de la Basilique Saint-François, notre groupe se rassemble petit-à-petit auprès de la bannière de saint François, saint patron de nos églises de Neirivue et Crésuz (photo: Jacqueline Chassot)
Au revoir Assise et l'Ombrie… (photo: Jacqueline Chassot)
Départ pour Rome
Après ces visites et/ou temps de recueillement dans les lieux saints d'Assise et la participation à la messe célébrée par l'abbé Joseph, responsable du pèlerinage, auprès de saint Carlo Acutis, notre groupe de joyeux pèlerins se rend au restaurant pour profiter d'un bon repas. Suite à cela, un petit temps libre est laissé à chacun pour revoir l'un ou l'autre des lieux visités, pour de nouvelles découvertes et/ou pour quelques achats, avant de partir à bord de notre “Oiseau Bleu” pour la ville éternelle dans laquelle nous passerons les trois prochains jours.
Ces quelques heures de car qui nous séparent de Rome sont à nouveau rythmées par des temps de prière, en particulier le chapelet et la Liturgie des Heures, et par les haltes obligatoires du chauffeur qui permettent à chacun de se dégourdir un peu les jambes. Nous atteignons la capitale italienne en début de soirée et prenons nos nouveaux quartiers à la Villa Montemario, un lieu d'accueil tenu par les Soeurs carmélites du Divin Coeur de Jésus, Congrégation hospitalière et enseignante, qui est rattachée à l'Ordre des Carmes déchaux et a été fondée par la bienheureuse Marie-Thérèse de Saint-Joseph. C'est ainsi que notre séjour sera porté par la prière des Soeurs qui nous accueillent. Nous avions également la possibilité de partager leur vie de prière et de disposer de leur chapelle pour la prière personnelle, ce qui n'est pas un avantage moindre pour un groupe de pèlerins.
…et bienvenue dans la capitale de la région italienne du Latium: Rome (photo: Jacqueline Chassot)
Le tabernacle de la chapelle de la Villa Montemario, notre lieu de séjour à Rome (photo: Jacqueline Chassot)
Mardi 14 octobre (3ème jour) : visite des Basiliques romaines Sainte-Marie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran
Passage de la Porte sainte et Messe à la Basilique Sainte-Marie-Majeure
Après une première nuit dans notre résidence romaine et un bon petit-déjeuner, nous poursuivons notre pèlerinage par le passage de la première des quatre Portes saintes prévues selon notre programme, celle de la Basilique Sainte-Marie-Majeure. Après s'y être préparé par la prière, chaque membre de notre groupe passe ladite Porte qui, comme les trois autres Portes saintes que nous passerons, symbolise le Christ, Porte des brebis, Porte par laquelle il faut passer pour entrer dans le Royaume des Cieux et être sauvé (cf. Jn 10, 7.9).
En entrant dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure, le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie, nous sommes une fois de plus époustouflés par la vue qui s'offre à nous, devant tant de beauté artistique qui élève l'âme vers Dieu. Étant l'une des premières églises construites en l'honneur de la Vierge Marie, Sainte-Marie-Majeure a été érigée sous le pontificat du pape Célestin Ier, au lendemain du Concile d'Ephèse (430-431) qui proclama le dogme de « Marie, Mère de Dieu », pour commémorer cette décision. Lorsque les papes sont revenus à Rome après la période de la papauté d'Avignon, les bâtiments de la Basilique ont été occupés par les papes en raison de l'état détérioré du palais du Latran (cf. plus loin notre retour sur Saint-Jean-de-Latran). La basilique a été restaurée, redécorée et agrandie par divers papes, notamment aux XII-XIIIèmes siècles et aux XVII-XVIIIèmes siècles. A l'intérieur, dans la nef centrale au-dessus des entablements, 36 panneaux en mosaïque figuratives à fond d'or datant du Ve siècle racontent des épisodes bibliques. L'arc triomphal qui sépare la nef du transept est de la même époque, il est entièrement couvert par un cycle de mosaïques qui illustrent le rôle de Marie. Toutes ces mosaïques ont deux objectifs: glorifier la Vierge Marie en tant que Mère de Dieu et donner une catéchèse aux fidèles qui visite Sainte-Marie-Majeure, leur montrant que l'Ancien Testament préfigure le Nouveau et que ce dernier accomplit le premier.
La Basilique abrite notamment l'icône vénérée de la Salus populi romani, représentant la Vierge Marie comme protectrice du peuple romain. Selon la tradition, cette icône aurait été rapportée de Jérusalem à Constantinople par sainte Hélène, la mère de Constantin, au IVe siècle. Elle aurait été peinte par l'évangéliste saint Luc sur une table construite par Jésus dans l'atelier de son père Joseph. La Basilique s'appelait autrefois Sainte-Marie-de-la-Crèche, un nom qui lui a été donné en raison de sa relique de la crèche de la Nativité de Jésus-Christ, quatre planches de bois de sycomore apportées à l'église, ainsi qu'une cinquième, à l'époque du pape Théodore Ier (640-649), qui se trouve dans la crypte de la Nativité, elle-même située sous le baldaquin et le maître autel de la Basilique. Dans cette crypte se trouve également la tombe de saint Jérôme, un père de l'Eglise qui a traduit la Bible en latin à partir du texte hébreux: la Vulgate. La Basilique Sainte-Marie-Majeure est également le lieu de repos de plusieurs papes, parmi lesquels on peut citer saint Pie V et, tout récemment, le pape François.
C'est dans l'une des chapelle de cette Basilique que l'abbé Joseph a célébré la première Messe pour notre groupe dans la Ville éternelle.
Basilique Sainte-Marie-Majeure, Rome (photo: Jacqueline Chassot)
La Porte Sainte de la Basilique Sainte-Marie-Majeure, première des quatre portes saintes des basiliques romaines franchies par notre groupe (photo: Jacqueline Chassot)
Plafond de la Basilique Sainte-Marie-Majeure: sur les côtés, on aperçoit les mosaïques des épisodes bibliques (photo: Jacqueline Chassot)
Ciborium (baldaquin) de la Basilique Sainte-Marie-Majeure et maître autel, sous lesquels se trouve la relique de la Sainte Crèche (photo: wikipedia.org)
Autel de la chapelle dédiée au Saint-Sacrement, construite à la demande du pape Sixte V, dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure (photo: Jacqueline Chassot)
Vitrail représentant Sainte Marie, Mère de Dieu, dans la Basilique Sainte-Marie-Majeure (photo: Jacqueline Chassot)
Reliquaire contenant les liens qui ont entravé l'apôtre saint Pierre dans la Basilique mineure Saint-Pierre-aux-Liens dans la ville de Rome, à ne pas confondre avec la Basilique Saint-Pierre au Vatican (photo: Jacqueline Chassot)
Le Colisée, Rome (photo: Jacqueline Chassot)
Basiliques Saint-Pierre-aux-Liens et Saint-Clément-du-Latran avec arrêt devant le Colisée
Après la visite et un temps de recueillement de la Basilique (majeure) Sainte-Marie-Majeure, nous nous déplaçons à pied dans la ville éternelle pour rejoindre tout d'abord la Basilique (mineure) Saint-Pierre-aux-Liens. Celle-ci abrite notamment une célèbre statue de Moïse réalisée par Michel-Ange, mais surtout le reliquaire contenant deux chaînes à présent reliées l'une à l'autre qui auraient tenu captif l'apôtre saint Pierre à deux moments différents de sa vie : à Jérusalem (Cf. Ac 12, 5-6) et à Rome.
Puis nous poursuivons notre chemin à pied (le plus long de toute notre semaine de pèlerinage) pour rejoindre notre prochain objectif, à savoir le restaurant, l'heure de midi étant passée. Celui-ci étant situé non loin du Colisée, cela nous permet au passage de marquer un temps d'arrêt pour admirer ce célébrissime monument. Celui-ci n'a pas été, contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'édifice dans lequel les premiers martyrs chrétiens romains ont versé leur sang (il n'existait pas encore à cette époque mais a été construit peu après), mais il est tout à fait possible que des chrétiens y ait subi le martyre lors de persécutions ultérieures. Il y a une hypothèse probable selon laquelle ce serait déjà le cas de saint Ignace d'Antioche, père apostolique, disciple des apôtres Pierre et Jean, jeté en pâture aux bêtes sauvages au tout début du IIème siècle (probablement en 107 ou alors en 113), la construction du Colisée ayant commencé entre 70 et 72 et s'étant achevée en 80 (pour le lieu du martyre des premiers martyrs chrétiens de Rome dont saint Pierre fait partie, voir notre retour sur l'audience pontificale du mercredi).
Après un bon repas à l'italienne toujours aussi copieux, nous continuons notre périple à pied qui vise à rejoindre la Basilique (majeure) Saint-Jean-de-Latran. Auparavant, nous faisons un arrêt pour visiter la Basilique (mineure) Saint-Clément-du-Latran. Cette Basilique mineure, richement décorée, repose sur une Basilique plus ancienne ornée de magnifiques fresques, qui se trouve elle-même sur un petit temple qui était dédié au culte de Mithra, divinité d'origine orientale importée à Rome probablement par des légions revenant des campagnes militaires en Asie Mineure, vers 67 avant Jésus-Christ. Cette Basilique abrite également les tombeaux de saint Clément de Rome (pape, troisième successeur de saint Pierre), de saint Ignace d'Antioche et anciennement de saint Cyrille qui mourut à Rome en 869 (avec son frère saint Méthode, ils ont été les évangélisateurs des peuples slaves de l'Europe centrale). Le corps de saint Cyrille a été rapatrié à Thessalonique en 1976, en signe de volonté de communion entre l’Église latines et les Eglises orientales (des reliques des deux frères évangélisateurs sont toujours conservées dans la Basilique Saint-Clément).
Notre groupe en vadrouille dans les rues de Rome, avec pour objectif final la Basilique Saint-Jean-de-Latran (photo: Jacqueline Chassot)
Magnifique mosaïque représentant le Triomphe de la Croix et datant du XIIème siècle, dans l'abside de la Basilique mineure Saint-Clément-du-Latran (photo: Jacqueline Chassot)
Passage de la Porte sainte et visite de la Basilique Saint-Jean-de-Latran ainsi que de son baptistère
Après la Basilique mineure de Saint-Clément, nous continuons notre chemin et nous arrivons non pas tout de suite à la Basilique majeure Saint-Jean-de-Latran, mais à son baptistère qui est séparé de la Basilique elle-même. Ce gigantesque baptistère a la forme d'un octogone qui est devenu un modèle de construction des baptistères pour toute la chrétienté. La cuve baptismale est elle-même entourée d'un baldaquin, lui aussi octogonal : en effet, le chiffre 8 symbolise non seulement l'éternité, mais également le lendemain du sabbat (7ème jour) qui est le jour de la résurrection, et donc de la nouvelle naissance dans le Christ que procure le saint Baptême par lequel nous mourrons et nous ressuscitons avec Jésus (cf. Rm 6,4 ; Col 2,12).
Nous nous préparons ensuite par la prière à passer la Porte sainte de la Basilique Saint-Jean-de-Latran, Cathédrale du pape, Mère et Tête de toutes les églises romaines et du monde, deuxième grande étape de notre pèlerinage romain.
Entrés dans la Basilique, dont le nom exact et complet est : Archibasilique du Très-Saint-Sauveur-et-des-Saints-Jean-Baptiste-et-Jean-l’Évangéliste du Latran (nous comprenons par là, contrairement à ce que l'on pourrait croire en référence à son nom raccourci, qu'elle n'est pas uniquement dédiée à l'apôtre saint Jean ou alors seulement à saint Jean-Baptiste, mais à ces deux saints qui portent le même prénom, en plus de l'être à notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ), nous jouissons d'une bonne heure et demie pour la visiter et y prier, avant le rendez-vous avec notre bus qui nous doit nous reconduire à la Villa Montemario pour le souper.
Cette Basilique est attenante au palais du Latran qui a été la résidence principale des papes (et non, il n'ont pas toujours habité l'actuel palais apostolique se trouvant au Vatican, à côté de la place Saint-Pierre) pendant environ un millénaire (du IVème au XIVème siècle). 5 Conciles y ont eu lieu (le premier, Latran I, en 1123, et le dernier, Latran V, en 1512). La Basilique, tout comme l'ancien palais apostolique, ont leur origine dès l'époque constantinienne mais Saint-Jean-de-Latran a souvent subi les vicissitudes de l'histoire. Pour ne citer que quelques exemples: elle a subi d'important dégâts lors des sacs romains du Vème siècle; elle a été détruite par un tremblement de terre au IXème siècle et restaurée par le pape Serge III au siècle suivant; elle a été très endommagée lors d'un incendie au début du XVème siècle qui a conduit Clément V à lancer de nouvelles restaurations terminées sous son successeur Jean XXII. L'édifice actuel est un grand remaniement des XVII et XVIIIèmes siècles. Malgré toutes ces vicissitudes, les restaurations successives ont gardé à la Basilique sa structure initiale. Sa taille actuelle correspond à peu de chose près à l'édifice de l'année 324 : les ajouts se limitent à la façade (et son atrium), aux chapelles latérales et à l'allongement du chœur. Son apparence n'est cependant plus du tout constantinienne : seule la peinture de Dughet représentant l'intérieur de l'église peut donner une idée de l'intérieur avant 1650 (cliquez ici pour un aperçu).
La Cathédrale de Rome abrite le tombeau de plusieurs papes (dont celui du pape Léon XIII en référence auquel notre pape actuel Léon XIV a choisi son nom, ainsi que des reliques du bienheureux pape Innocent V), les reliques des têtes de saint Pierre et de saint Paul, le plateau d'une table qui est celle qui aurait servi lors de la Sainte Cène, une table en bois sur laquelle saint Pierre aurait célébré la Sainte Messe, un morceau de la tunique de saint Jean l'Evangéliste, un morceau de celle ayant appartenu à saint Jean-Baptiste et un autre morceau de celle de saint Pierre.
Certains membres du groupe se sont rendus au Sanctuaire pontifical des Saints Escaliers et du Sancta Sanctorum (Saint des Saints) qui se trouve tout proche de la Basilique. Comme son nom l'indique, celui-ci renferme un Escalier composé de 28 marches originairement en marbre mais à présent recouvertes de bois, qui serait l'Escalier du Prétoire de Ponce Pilate que Jésus lui-même a gravi. Celui-ci, tout comme de nombreuses autres reliques aujourd'hui disséminées dans la ville de Rome et de par le monde, aurait été ramené par sainte Hélène, la mère de l'empereur Constantin, lors de son voyage en Terre sainte (en 327-328). Cet Escalier ne peut se gravir qu'à genoux, en signe de vénération pour la Passion du Christ. Cet Escalier mène au Saint des Saints et à trois chapelles (ces lieux peuvent être atteints par 4 autres escaliers construits pour les pèlerins qui ne peuvent pas monter à genoux l'Escalier saint, et qui permettent également de redescendre). Le choeur de ce Sanctuaire pontifical est la chapelle papale San Lorenzo in Palatio (Saint-Laurent in Palatio), aussi appelée “Saint des Saints”, car l'autel de cette chapelle renferme des reliques insignes (les tables de la Loi, les sandales du Christ et le lit sur lequel Il aurait reposé pendant la Sainte Cène, des reliques des apôtres et de saints martyrs des premiers siècles, une icône du Christ qui aurait été commencée par saint Luc et terminée par les anges, etc.). Selon une ancienne tradition, seul le pape peut y célébrer la Messe.
Liturgie par un groupe de pèlerins français au baptistère de Saint-Jean-de-Latran (photo: Jacqueline Chassot)
Basilique Saint-Jean-de-Latran, Rome (photo: Jacqueline Chassot)
Célébration en cours à l'intérieur de la Basilique Saint-Jean-de-Latran : dans le ciborium (baldaquin) se trouvent les reliques des têtes des saints apôtres Pierre et Paul (photo: Jacqueline Chassot)
Chacun des douze apôtres a droit à sa statue dans la Basilique Saint-Jean-de-Latran, cathédrale du pape : ici, l'apôtre saint Philippe (photo: Jacqueline Chassot)
L'Escalier Saint, dans le Sanctuaire pontifical des Saints Escaliers et du Sancta Sanctorum (photo: wikipedia.org)
Le Saint des Saints avec l'icône du Christ, dans le Sanctuaire pontifical des Saints Escaliers et du Sancta Sanctorum (photo: wikipedia.org)
Mercredi 15 octobre (4ème jour) : audience pontificale et visite de la Garde suisse pontificale
Notre groupe fait patiemment la queue (ou plutôt l'interminable queue…) pour atteindre la Place Saint-Pierre de Rome, où le pape Léon XIV donne sa traditionnelle audience du mercredi (photo: Jacqueline Chassot)
L'obélisque du Vatican, sur la Place Saint-Pierre, et derrière lui la Basilique Saint-Pierre (photo: Jacqueline Chassot)
Audience pontificale de Léon XIV sur la Place Saint-Pierre
Après une bonne nuit de repos et un agréable petit-déjeuner à la Villa Montemario, nous avons entamé notre 4ème jour de pèlerinage par l'audience pontificale donnée par notre Souverain Pontife Léon XIV, Place Saint-Pierre. En raison de la forte affluence des fidèles et des pèlerins, tout ne s'est pas passé comme prévu. Nous avons longuement fait la queue, très longuement même, et, alors que nous avions normalement des places assises réservées sur la Place, nous avons vécu cette matinée sur nos deux jambes pour certains, ou assis sur une terrasse non loin de celle-ci pour d'autres. En effet, le groupe a été scindé en plusieurs petites portions en raison de la même forte affluence qui ne nous a pas permis de rester unis. Soulignons que certains pèlerins de notre groupe ont finalement pu accéder à la Place Saint-Pierre où l'abbé Joseph nous attendait pour que nous puissions y prendre place, mais l'audience était alors… terminée ou presque !!! Nos amis du pèlerinage organisé par notre diocèse pour les servants de messe et les familles se sont retrouvés dans la même situation que nous, nous les avons d'ailleurs croisés dans la foule, cherchant tout comme nous à atteindre, en vain, la fameuse Place pour le début de l'audience… Cliquez ici pour retrouver le texte de la catéchèse du pape Léon XIV de ce mercredi 15 octobre 2025.
La place actuelle est commandée en 1656 par le pape Alexandre VII au Bernin afin de mettre en valeur l'espace situé devant la Basilique. Le pape impose de multiples contraintes à l'architecte : respect des bâtiments existants (notamment, la place ne doit pas masquer les fenêtres des appartements pontificaux où le pape apparaît régulièrement), esplanade immense pour accueillir une foule importante, passage à couvert des processions. Le Bernin, dans l'esprit de l'architecture baroque, trouve une solution urbanistique et symbolique élégante pour créer un effet de surprise en concevant une colonnade qui s'écarte depuis la basilique comme deux bras qui accueillent la foule. Le Bernin explique ce choix en ces termes : « puisque l'église de Saint-Pierre est la mère de toutes les autres, elle devait avoir un portique qui montre précisément de vouloir recevoir à bras ouverts, maternellement, les catholiques ». La signification allégorique, visible dans un de ses dessins, est de figurer les bras d'un corps idéal ayant pour tête la coupole. L'artiste réalise cet ensemble architectural de 284 colonnes, 88 piliers et 140 statues placées à une hauteur de 19 mètres, en onze années de 1656 à 1667.
Au centre de la Place Saint-Pierre se trouve, l'obélisque du Vatican qui, à l'origine, est apporté d'Egypte et marquait le centre de la spina (mur central très bas au centre de la piste du cirque, permettant aux chars tirés par les chevaux de tourner autour), situé au centre du Cirque du Vatican (un cirque romain est un édifice public où étaient organisées des courses de chars et de chevaux; le Cirque du Vatican a été construit sur demande de l'empereur Caligula vers l'an 40 et terminé sous Néron), dont le site débordait alors sur la partie sud de la Basilique Saint-Pierre. Une tradition rapporte que le crucifiement de saint Pierre, eut lieu inter duas metas (« entre les deux bornes » – c'est-à-dire au pied même de l'obélisque). En 1586, après la construction de cette nouvelle basilique, celui-ci est transféré sur son emplacement actuel, au centre de la Place par l'architecte Domenico Fontana, sur les ordres du pape Sixte V. C'est donc dans ce Cirque que l'apôtre Pierre a été crucifié la tête en bas (probablement en 64 ou alors entre 67 et 70), et que d'autres chrétiens de son époque y ont subi le martyre (soit dans le Cirque lui-même, soit dans ses alentours). Pour une vue schématique des lieux, cliquez ici (en vert, le Cirque du Vatican; en brun, la première et ancienne Basilique construite à la demande de l'empereur Constantin et du pape Sylvestre Ier; en noir, l'emplacement d'origine de l'obélisque au centre de la spina du Cirque; on reconnaît la colonnade en forme de bras qui entoure la Place Saint-Pierre, avec en son centre l'emplacement actuel de l'obélisque qui a été témoin du martyre de saint Pierre).
L'immense dôme de la Basilique Saint-Pierre (photo: Jacqueline Chassot)
Notre Saint-Père, le pape Léon XIV, passant à quelques mètres de nous à bord de sa papamobile, qui prend son habituel bain de foule avant l'audience (photo: Edith Oberson)
Messe et visite du quartier de la Garde suisse pontificale
Après quelques péripéties pour tenter de rassembler tous les membres du groupes dispersés dans les environs de la Place Saint-Pierre, nous réunissons finalement tout notre groupe de joyeux pèlerins au restaurant prévu pour ce midi.
Après un bon repas, toujours bien copieux, et un temps libre dans le quartier du Borgo qui permet à chacun de se balader, de visiter et/ou d'effectuer quelques achats de souvenirs, nous avons rendez-vous à l'entrée du quartier de la Garde suisse où nous sommes attendus pour la Messe dans la chapelle de la Garde: que d'émotions pour l'abbé Joseph qui a été garde suisse et qui a passé de nombreuses heures en prière dans cette chapelle durant son temps de service. A la fin de la célébration, deux gardes suisses actuellement en service nous attendent pour nous faire visiter les lieux: Nathan, Fribourgeois, et Gabriele, Tessinois. Nous nous séparons donc en deux groupes pour faciliter la visite qui comprend l'armurerie de la Garde et sa caserne (réfectoire, etc.). Nous avons également droit à une petite démonstration de la manière dont se passent les relèves de tour de garde et nos deux soldats répondent volontiers aux nombreuses questions de nos pèlerins, dans la mesure de ce qui est possible (pour des raisons évidentes de sécurité, les réponses à certaines questions sont restées volontairement vagues). En fin de visite, l'ensemble du groupe se réunit et dispose d'un temps libre pour éventuellement acheter quelques souvenirs à la boutique de la Garde suisse pontificale: on y trouve de nombreux articles variés (livres ou DVDs sur la Garde, bouteilles de vin avec l'étiquette de la Garde, figurines de gardes suisses en métal, etc.), dont certains typiquement suisses (chocolat avec images de la Garde, montres réalisées spécialement en l'honneur de la Garde suisse avec leur logo “GSP”, jeux de jass avec images de la Garde suisse sur le dos des cartes, etc.).
Après cette visite très intéressante et instructive de la vie d'un garde du pape, nous récupérons notre car non loin du Vatican pour le souper et une nuit de repos bien mérités à la Villa Montemario.
L'abbé Joseph, lui-même ancien garde suisse, donne quelques explications avant d'entrer dans la chapelle de la Garde pour la Sainte Messe (photo: Jacqueline Chassot)
Devant l'entrée de la chapelle de la Garde suisse, nous levons les yeux et tombons sur les fenêtres des appartements pontificaux, tout en haut à droite (photo: Jacqueline Chassot)
L'autel et le tabernacle (le “soleil” sous la croix entourée par les anges) de la chapelle de la Garde suisse (photo: Jacqueline Chassot)
Une partie de notre groupe, en visite dans le quartier de la Garde suisse pontificale (photo: Jacqueline Chassot)
Les cuirasses de gala des gardes, dans l'armurerie de la Garde suisse, revêtues lors des plus grandes fêtes liturgiques (Pâques et Noël) et de leur Assermentation (photo: Jacqueline Chassot)
Jeudi 16 octobre (5ème jour) : pèlerinage jubilaire et visite des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul-hors-les-Murs
Le Château Saint-Ange, au départ de la Via della Conciliazione (photo: Jacqueline Chassot)
La Place Saint-Pierre, l'obélisque du Vatican et la Basilique Saint-Pierre (photo: Jacqueline Chassot)
Pèlerinage jubilaire et passage de la Porte sainte de la Basilique Saint-Pierre
Après un petit-déjeuner toujours aussi agréable, le premier objectif de notre 5ème et dernière journée avant celle du départ est le pèlerinage jubilaire organisé par le diocèse de Rome qui part du début de la Via della Conciliazione (Rue de la Réconciliation, construite en référence à la signature des accords du Latran en 1929) et qui vise à rejoindre à pied la Porte sainte de la Basilique Saint-Pierre. Longue d'environ 420m, elle relie le château Saint-Ange à la Place Pie XII qui elle-même s'ouvre sur la Place Saint-Pierre. Ce pèlerinage permet de se préparer spirituellement au passage de la Porte sainte de la Basilique Saint-Pierre à travers des lectures bibliques, des chants de Psaumes et de litanies, la prière du chapelet, etc. Ce mini-pèlerinage fut vraiment une belle manière de se préparer au passage de la Porte sainte.
Une fois ce passage vécu dans la prière effectué, nous pénétrons dans la Basilique Saint-Pierre et là, il n'y a pas d'autres mots: nous en prenons tous plein la vue devant tant de beauté. S'il va de soi que les églises visitées à Assise et à Rome sont d'une rare beauté et nous ont laissés bouche bée, que dire de la Basilique Saint-Pierre qui semble hors concours. Heureusement, nous avons eu bien deux heures pour découvrir les chefs-d'œuvre riches de significations et les nombreuses reliques qu'elle contient, ce qui est un minimum (on pourrait y passer des jours qu'on n'en aurait pas fait le tour, ce qui est, soit dit en passant, également valable pour les autres basiliques visitées à Rome et à Assise), et, bien entendu, pour s'y recueillir. Les pèlerins qui le souhaitaient ont également pu y vivre le Sacrement de la Réconciliation, ce qui a également été le cas dans les autres basiliques majeures romaines.
La Basilique Saint-Pierre que nous pouvons actuellement contempler à Rome date des XVIème (début de la construction) et XVIIème siècle (fin de la construction). Ses architectes les plus importants sont Bramante, Raphaël, Michel-Ange, Maderno et Le Bernin. Elle est construite à l'emplacement de l'antique Basilique vaticane datant de l'empereur Constantin et du pape Sylvestre Ier (une image de la reconstitution de celle-ci est disponible en cliquant ici, et un schéma de sa situation par rapport à l'actuel et au Cirque du Vatican en cliquant ici). Oeuvre d'art magistrale en elle-même, cette Basilique contient de nombreux autres trésors artistiques. Il serait évidemment bien trop long de tous les énumérer, mais pour n'en citer que quelques-uns : la Pietà de Michel-Ange, le baldaquin de l'autel de la Confession (espace sacré qui s'ouvre devant le maître-autel de la Basilique pour permettre d'apercevoir d'en haut le tombeau de saint Pierre) par Le Bernin, la Chaire de Saint-Pierre (qui contient une relique, voir plus bas), portées par quatre statues représentant quatre pères de l'Eglise (les saints Ambroise de Milan, Augustin d'Hippone, Athanase d'Alexandrie et Jean Chrysostome) et le vitrail du Saint-Esprit derrière elle qui sont des oeuvres de Le Bernin également.
Au niveau des trésors spirituels, plusieurs saints papes ont leur lieu de repos en cette Basilique: citons par exemple saint Léon le Grand, saint Grégoire le Grand, saint Pie X, saint Jean XXIII, saint Paul VI, saint Jean-Paul II, et bien évidemment, le premier d'entre eux, le prince des apôtres : saint Pierre. La tombe de ce dernier se trouve sous l'autel papal (maître-autel). Parmi les autres reliques importantes, citons celle de la chaire de saint Pierre : il s'agit d'un siège de bois, datant du Ier siècle, que le sénateur romain Prudens, converti par le prince des apôtres, lui a offert, et où saint Pierre s'asseyait habituellement pour enseigner, durant son séjour à Rome jusqu'à son martyre. Depuis 1653, le siège est placé dans un reliquaire en bronze doré exécuté par Gian Lorenzo Bernini. Le pape Alexandre VII fait enfermer la chaire de Saint Pierre dans le bronze même qui constitue le chef-d’œuvre du Bernin situé dans l'abside de la Basilique. Saint-Pierre de Rome abrite également un morceau de la Vraie Croix sur laquelle Jésus a été crucifié et des fragments de la croix de saint Pierre.
Le Ciborium (baldaquin) de la Basilique Saint-Pierre : la tombe de l'apôtre se trouve en-dessous (photo: Jacqueline Chassot)
La Chaire de Saint-Pierre dans la Basilique Saint-Pierre et le fameux vitrail représentant le Saint-Esprit (photo: Jacqueline Chassot)
Statue de saint Pierre, dans la Basilique Saint-Pierre (photo: Jacqueline Chassot)
La croix du pèlerinage jubilaire, confiée à chaque groupe de pèlerins au départ de celui-ci : ici, celle de notre groupe portée par l'un de ses membres dans la Basilique Saint-Pierre (photo: Jacqueline Chassot)
Passage de la Porte sainte et Messe à la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs
Après un bon dîner dans un restaurant non loin du Vatican, nous reprenons le car pour nous diriger vers la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs qui, comme son nom l'indique, se trouvait à l'extérieur (à environ 2 km) de la muraille aurélienne qui ceinturait Rome avant la première construction d'une Basilique en l'honneur de l'apôtre Paul à cet endroit, sous l'empereur Constantin. Notre coeur préparé par la prière, nous avons pu franchir pieusement la Porte sainte de la seule Basilique majeure manquant encore à notre périple romain. Après un rapide premier tour des lieux, nous nous sommes retrouvés dans l'une des chapelles de cette Basilique pour la célébration de la Messe. A l'issue de celle-ci, nous avons encore profité d'un moment permettant de compléter notre visite de ce lieu et de s'y recueillir quelques instants.
Selon la tradition chrétienne, saint Paul est décapité dans un vallon désert appelé les “Eaux salviennes” sur le site actuel de l'Abbaye de Tre Fontane (dont la visite faisait également partie de nos buts ce jour-là, mais que nous n'avons pas pu effectuer en raison d'un timing un peu serré). Ce nom de “Troisfontaines” tire son origine du fait que la tête de l'apôtre des nations aurait rebondi trois fois, en donnant à chaque fois naissance à une fontaine. Le corps de saint Paul est réclamé par une femme appelée Lucina, une matrone romaine chrétienne qui possède un domaine agricole le long de la Via Ostiense, en dehors du mur construit à la demande de l'empereur Aurélien entre 271 et 282, propriété adjacente à une nécropole. Lucina l'enterre dans la tombe familiale près d'un vignoble sur les rives du Tibre. Sa tombe étant celle d’un citoyen romain, elle n'a pas à être cachée et devient rapidement un lieu de vénération des chrétiens, si bien que le pape saint Anaclet (ou saint Clet), second successeur de saint Pierre après saint Lin, y fait construire un oratoire funèbre. La Basilique construite sous Constantin fut entièrement détruite par l'empereur Valentinien II qui en fit construire une plus imposante en raison de la forte affluence des fidèles. Sous le pontificat du pape Pie VII, dans la nuit du 15 au 16 juillet 1823, un incendie détruisit la majeure partie de cette dernière, mais l'abside, le transept et le cloître ne furent pas endommagés. Léon XII s'occupa de la reconstruction de l'édifice qui débuta en 1825. Il fut choisi de garder le plan paléochrétien et de construire un nouveau bâtiment. La Basilique actuelle est ainsi un édifice d'aspect plutôt néo-classique, style qui puise ses références dans le Haut-Empire romain (de -27 à 192), témoin du goût du XIXe siècle, et ne reflète plus l'ancien édifice paléochrétien issu de l'art des derniers temps de l'Empire romain (IV-Vèmes siècle).
La Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs abrite bien évidemment la tombe de l'apôtre saint Paul, ainsi que les chaînes qui l'ont entravé durant sa captivité. On y trouve également des reliques de saint Ananie, qui a fait recouvrir la vue à saint Paul avant que celui-ci soit baptisé (cf. Ac 3, 10-18), et la tombe de saint Félix III, pape de 483 à 492.
Cette Basilique est également célèbre par sa série de médaillons représentant tous les papes depuis saint Pierre jusqu'au pape régnant actuellement. Ces médaillons entourent la nef principale. Cette initiative a été prise par le saint pape Léon le Grand (pontife romain de 440 à 461), principe repris par le bienheureux pape Pie IX dès 1847, suite à l'incendie de 1823. Le médaillon du pape actuel est éclairé en permanence. Selon la légende, la fin du monde adviendra lorsqu'il n'y aura plus de place pour un nouveau portrait.
Devant renoncer à visiter l'Abbaye Tre Fontane, nous rejoignons à bord de “L'Oiseau Bleu” notre QG pour un dernier souper et une dernière nuit.
La Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, Rome (photo: Jacqueline Chassot)
Notre groupe se prépare spirituellement à franchir la Porte Sainte de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, après avoir déjà passé celle des trois autres basiliques majeures romaines (photo: Jacqueline Chassot)
Plafond de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs: sur les côtés, on peut apercevoir les médaillons des papes (photo: Jacqueline Chassot)
Sainte Messe célébrée par l'abbé Joseph dans l'une des chapelles de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs (photo: Jacqueline Chassot)
Ciborium (baldaquin) de la Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs sous lequel se trouve la tombe de l'apôtre Paul (photo: Jacqueline Chassot)
Reliquaire contenant la chaîne qui a entravé saint Paul (photo: wikipedia.org)
Vendredi 17 octobre (6ème jour) : Messe dans la chapelle de la Villa Montemario puis voyage de retour avec halte à San Damiano
Notre car, “L'Oiseau Bleu”, dans la cour de la Villa Montemario, prêt au départ (photo: Jacqueline Chassot)
Statue de Notre-Dame des Roses, au Sanctuaire de San Damiano, non loin de Piacenza, Plaisance en français (photo: Jacqueline Chassot)
Ce dernier jour consacré au voyage de retour débute de manière très matinale à 5h30 avec, pour ceux qui le souhaitent, la dernière Messe de ce pèlerinage célébrée par l'abbé Joseph dans la chapelle des Soeurs carmélitaines du Divin Coeur de Jésus à la Villa Montemario que nous profitons ici de remercier pour leur accueil et leur disponibilité tout au long de notre séjour romain. Pensez-vous que ces derniers jours intensifs remplis de visites, de prières, de longues périodes passées debout soit à marcher, soit à attendre aient atteint le moral et le dynamisme des troupes ? Et bien, pas du tout puisque la grande majorité des pèlerins de notre groupe participent à cette Eucharistie.
Celle-ci terminée, pas le temps de déjeuner, nous embarquons dans “L'oiseau Bleu” pour la première partie de notre voyage de retour qui a pour but de nous conduire à l'escale intermédiaire prévue à San Damiano, au Sanctuaire marial de Notre-Dame des Roses, situé à une vingtaine de kilomètres de Piacenza, au sud de Milan. Avant d'y parvenir, nous profitons des pauses du chauffeur pour prendre d'abord un petit-déjeuner puis un dîner à l'emporter, tous deux préparés par le personnel de la Villa Montemario envers lequel nous sommes très reconnaissant pour son humble, serviable et discret service tout au long de ce pèlerinage à Rome. Notre voyage est, comme chacun des longs trajets depuis le début de notre aventure, rythmé par la prière de la Liturgie des Heures dans le car.
Arrivé à San Damiano, nous nous arrêtons brièvement pour un temps de prière personnelle auprès de ce lieu où Mme Rosa Quattrini (1909-1981), souvent appelée “Mamma Rosa”, dit avoir reçu des apparitions et des messages de la Vierge Marie sous le vocable de “Notre-Dame des Roses”, entre 1964 et 1970 (par la suite, elle aurait continué à recevoir des messages). Ces apparitions ne sont pas reconnues par l'Eglise, mais celle-ci, sur le conseil de saint Jean-Paul II, y autorise prudemment des pèlerinages et même la célébration de la Messe avec l'accord du curé du lieu. En effet, jusqu'en 1980, les évêques de Plaisance, auquel San Damiano appartient, se sont opposés à la supernaturalité des faits et ont émis plusieurs avis invitant les fidèles à ne pas croire à ces apparitions. Cependant, depuis 1980, tout en continuant à s'opposer à la supernaturalité des évènements, les évêques du lieu appliquent les recommandation du Dicastère pour la doctrine de la foi à propos des phénomènes spirituels discutés : observer les éventuels fruits et laisser l’autorité compétente se prononcer sur les faits lorsque le discernement sera mûr.
Après ce court passage par San Damiano, nous reprenons la route pour la Suisse au rythme du chapelet et de la Liturgie des Heures. Peu avant le passage de la frontière dans le tunnel du Grand-Saint-Bernard, nous faisons une dernière halte pour dire au revoir à notre chauffeur de la semaine, Ricki, que nous remercions vivement pour sa conduite agréable et appréciée tout au long de notre périple italien, et pour accueillir son remplaçant qui effectuera les dépôts des pèlerins, le premier à Martigny et le second à Broc. C'est ainsi que nous groupe se sépare progressivement, mais toujours uni par la prière, d'abord en partie à Martigny donc, puis totalement à Broc, au Sanctuaire des Marches où tout avait commencé, non pas dans la tristesse mais dans l'action de grâces pour les merveilles accomplies par le Seigneur dans nos vies et à travers celles des saints que nous avons pu “toucher” au cours de cette semaine, ainsi que pour les magnifiques lieux visités. UN IMMENSE MERCI AU SEIGNEUR, A LA VIERGE MARIE ET AUX AUTRES SAINTS QUI ONT ACCOMPAGNE CE PELERINAGE, AINSI QU'A VOUS TOUS, PARTICIPANTS EN PROVENANCE DE TOUS LES COINS DE LA SUISSE ROMANDE. Un merci particulier à Mesdames Jacqueline Chassot et Edith Oberson, participantes à notre pèlerinage, qui nous ont autorisés à publier les photos qu'elles ont prises durant celui-ci.
Un message d'une participante à notre pèlerinage
Pèlerinage très réussi.
Nous avons rempli notre cœur de spiritualité et nos yeux de beautés grandioses. Nos visites à Rome et Assise ont été passionnantes et nombreuses. Le groupe était très sympathique, Ricki notre chauffeur l’était aussi, Mickaël a harmonieusement secondé l’abbé Joseph et s’est montré bienveillant et scrupuleux ; quant à l’abbé Joseph, je l’ai trouvé parfait dans son rôle de prêtre, de guide lors des visites, d’organisateur, et soucieux de chacun. Ce week-end, j’ai lu les textes de Mickaël et découvert l’importance des « Portes saintes » qui m’avait échappé !
Merci encore à tous, j’ai bien du mal à vous quitter !
Marie-Christine
Vous avez dit "jubilé" ? Quésaco ?
Pour comprendre ce qu'est un jubilé, il est utile de se poser la question : d'où cette notion vient-elle ? Pourquoi et pour quoi un jubilé ?
En effet, le jubilé est une réalité déjà présente dans la Bible. Le livre du Lévitique, au chapitre 25, nous parle d'une année jubilaire qui doit être célébrée tous les 50 ans par le peuple d'Israël. Cette 50ème année est une année de libération, une année sainte où le juste rapport avec Dieu, le prochain et la création est rétabli, et impliquant la remise des dettes des personnes et le repos de la terre. Jésus, dans l'évangile selon st Luc (chapitre 4, versets 16-21), y fait allusion en citant le livre d'Isaïe au chapitre 61, versets 1-2 : “L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu'ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur”. Après avoir lu ce passage du livre d'Isaïe à la Synagogue, Jésus affirme que c'est aujourd'hui même que s'accomplit cette parole du prophète. Il se désigne ainsi comme Celui qui a été oint par le Seigneur pour libérer les hommes, les délivrer de leur cécité. C'est effectivement le Christ qui a libéré les hommes du péché et de la mort, par toute sa vie, par son ministère, et de manière centrale, par son mystère pascal (mort sur la croix, résurrection, ascension et don de l'Esprit). Nous comprenons ainsi pourquoi le jubilé est également appelé “année sainte”.
L'Eglise va peu à peu reprendre cette idée de Jubilé, d'année favorable donnée par le Seigneur pour rétablir la relation avec Lui, entre nous et avec la création. En effet, l'Eglise sait bien que le Christ est à l'œuvre chaque jour dans la vie de chaque homme pour le libérer des liens qui l'enchaînent. Mais, experte en humanité, l'Eglise sait aussi avec quelle facilité l'homme peut l'oublier, se laisser aller et même s'endormir dans l'habitude du quotidien, et qu'il a souvent besoin de piqûres de rappel, qu'il a besoin de signes concrets et d'expériences sensibles qui le réveillent, pour accueillir cette libération, se relever, reprendre le chemin de la conversion et vivre une vie conforme à sa vocation de baptisé. Le jubilé est l'une de ces piqûres de rappel, et quelle piqûre puisqu'elle s'étend sur une année. Ainsi, nous pouvons dès lors définir le jubilé comme une année que nous donnent le Christ et l'Eglise afin d'expérimenter ou de refaire l'expérience, à travers des signes et des démarches concrètes, que le Seigneur est saint et que sa sainteté nous transforme en profondeur, par le don de sa sainte grâce qui nous donne de participer à sa propre vie. Les jubilés sont toujours des années par lesquelles Dieu accorde des grâces particulières à ceux qui sont disposés à les recevoir. Dans ce but, les papes annoncent régulièrement, pour toute l'Eglise, des années jubilaires. Le premier à l'avoir fait est le pape Boniface VIII qui a convoqué le premier jubilé en 1300. Si, au départ, l'intervalle prévu par ce pape entre deux jubilés était de 100 ans, il a rapidement été d'abord réduit à 50 ans par le pape Clément VI en 1343, et même à 25 ans par le pape Paul II en 1470. Cet intervalle demeure encore aujourd'hui pour les jubilés dits “ordinaires”. Mais le pape peut également convoquer un jubilé extraordinaire, comme le fit par exemple le pape Pie XI en 1933 pour célébrer le 1900ème anniversaire de la mort et de la résurrection de Jésus (saint Jean-Paul II en a célébré le 1950ème anniversaire par un jubilé extraordinaire en 1983, et le pape François a convoqué un jubilé pour célébrer les 50 ans du Concile Vatican II en 2015).
(ce développement s'appuie largement sur les informations données à la fois par le site du Vatican dédié au jubilé et par les flyers proposés par la Région diocésaine de Fribourg)
Les signes et démarches concrètes proposés pendant le jubilé
Parmi les signes et démarches concrètes que l'Eglise nous invite à vivre durant ce jubilé, certains sont très ordinaires et font parties de la vie chrétienne quotidienne ou régulière : le Sacrement de la Réconciliation, la liturgie, la prière, la profession de foi. Ce jubilé est pour nous l'occasion d'en approfondir notre connaissance, en cherchant par exemple à se former sur l'un ou l'autre de ces aspects, mais aussi et surtout à les vivre plus intensément, avec un cœur et une foi renouvelés, et peut-être plus régulièrement également.
D'autres signes et démarches qui nous sont proposés durant ce jubilé sont moins ordinaires, sans être pour autant réservés aux années jubilaires (le pèlerinage, l'indulgence plénière). Les signes et démarches ordinaires ci-dessus et celles-ci moins ordinaires, ainsi que d'autres tel que l'engagement dans des œuvres de charité, peuvent être vécus dans le diocèse par les personnes qui n'ont pas la possibilité de se rendre en pèlerinage à Rome.
Enfin, une démarche proposée est propre aux années jubilaires : l'ouverture des portes saintes des 4 Basiliques romaines, et donc la possibilité pour les fidèles de les franchir.
Pour en savoir davantage :
- le passage de la porte sainte
Thème du jubilé 2025 : Pèlerins d'espérance
Tout jubilé est annoncé par le pape dans un document que l'on appelle une “bulle pontificale”. Cela vient du latin bulla qui signifie “sceau”. Ainsi, la bulle pontificale est un document émanant du pape qui est scellé et par lequel ce dernier pose un acte juridique important tel que la convocation d'une année sainte justement. La bulle pour ce jubilé 2025 est appelée “Spes non confundit”, “L'espérance ne déçoit pas” en français (le nom d'une bulle est toujours définit par les premiers mots du texte en question).Il s'agit en fait d'une citation d'une parole de saint Paul, dans l'Epître aux Romains, chapitre 5, verset 5 : “et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné”.
Voici, ci-dessous, quelques extraits tirés de cette bulle :
- “L’espérance, en effet, naît de l’amour et se fonde sur l’amour qui jaillit du Cœur de Jésus transpercé sur la croix : « En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés en ayant part à sa vie » (Rm 5, 10). […] L’espérance chrétienne, en effet, ne trompe ni ne déçoit parce qu’elle est fondée sur la certitude que rien ni personne ne pourra jamais nous séparer de l’amour de Dieu : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? [...] Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur » ( Rm 8, 35.37-39). Voilà pourquoi l’espérance ne cède pas devant les difficultés : elle est fondée sur la foi et nourrie par la charité. Elle permet ainsi d’avancer dans la vie. Saint Augustin écrit à ce sujet : « Quel que soit le genre de vie, on ne peut vivre pas sans ces trois inclinations de l’âme : croire, espérer, aimer »” (n° 3).
- “Saint Paul est très réaliste. Il sait que la vie est faite de joies et de peines, que l’amour est mis à l’épreuve lorsqu’augmentent les difficultés et que l’espérance semble disparaître devant la souffrance. Pourtant, il écrit : « Nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance » (Rm 5, 3-4). Pour l’apôtre, la tribulation et la souffrance sont les conditions typiques de ceux qui annoncent l’Évangile dans des contextes d’incompréhension et de persécution (cf. 2 Co 6, 3-10). On perçoit dans ces situations une lumière dans l’obscurité. On découvre comment l’évangélisation est soutenue par la force qui découle de la croix et de la résurrection du Christ. Cela conduit à développer une vertu étroitement liée à l’espérance : la patience. Dans un monde où la précipitation est devenue une constante, nous nous sommes habitués à vouloir tout et tout de suite. On n’a plus le temps de se rencontrer et souvent, même dans les familles, il devient difficile de se retrouver et de se parler calmement” (n° 4).
- De cet entrelacement entre espérance et patience apparaît clairement le fait que la vie chrétienne est un chemin qui a besoin de moments forts pour nourrir et fortifier l’espérance, compagne irremplaçable qui laisse entrevoir le but : la rencontre avec le Seigneur Jésus. […] Ce n’est pas un hasard si le pèlerinage est un élément fondamental de tout événement jubilaire. Se mettre en marche est caractéristique de celui qui va à la recherche du sens de la vie. Le pèlerinage à pied est très propice à la redécouverte de la valeur du silence, de l’effort, de l’essentiel (n° 5).
Nous vous invitons vivement à la lire en son entièreté : texte complet de la bulle “Spes non confundit”
Hymne du jubilé
Pèlerins d’espérance
(texte original: Pierangelo Sequeri ; texte version française : SNPLS)
R. Vive flamme, ma seule espérance :
que mon chant parvienne jusqu’a toi.
de ton cœur jaillit la vie divine,
sur la route j’ai confiance en toi.
1. Ecoutez nations, langues et peuples,
dans vos cœurs rayonne la parole :
les nations dispersées sur la terre
se rassemblent dans le fils bien-aimé.
2. Le Seigneur est un Dieu de tendresse,
à sa voix se lève un jour nouveau.
Terre et ciel sont revêtus de gloire,
ils annoncent la justice et la paix.
3. Lève-toi, Dieu cherche des disciples,
Prends le vent pour guide sur ta route.
N’aie pas peur de marcher sur les traces
Où s’avancent les amis du Seigneur.
La prière du jubilé
Père céleste,
la foi que tu nous as donnée
en ton fils Jésus-Christ, notre frère
et la flamme de la charité
répandue dans nos cœurs par l'Esprit Saint
réveillent en nous la bienheureuse espérance
de l'avènement de ton Royaume.
Que ta grâce nous transforme
en cultivateurs assidus des semences de l'Évangile
qui féconderont l'humanité et le monde,
dans l'attente confiante
des cieux nouveaux et de la terre nouvelle,
lorsque les puissances du mal seront vaincues
ta gloire sera manifestée pour toujours.
Que la grâce du Jubilé
ravive en nous, Pèlerins de l'Espérance,
l'aspiration aux biens célestes
et répande sur le monde entier
la joie et la paix de notre Rédempteur.
À toi, Dieu béni dans l'éternité
la louange et la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Apprenez à mieux connaître les saints qui ont particulièrement accompagné notre pèlerinage
Année 2024 : année préparatoire au jubilé 2025 consacrée à la prière
Le pape François a voulu que l'année 2024, qui fut une année préparatoire au grand jubilé 2025, soit consacrée à la prière. En effet, le pape nous invite particulièrement à entrer dans ce dialogue personnel avec le Seigneur qu'est la prière, afin que notre cœur soit par là renouvelé, que notre foi soit vivifiée, et que nous puissions devenir témoins pour le monde de cette espérance qui nous habite. Par la prière, nous avons préparé notre cœur à accueillir les grâces que le Seigneur a voulu nous donner durant ce jubilé. Voici quelques extraits du document “Apprends nous à prier” que nous a proposé le Dicastère pour l'Evangélisation pour vivre cette année de la prière, et qui s'inspire lui-même de l'enseignement du pape sur la prière :
- “Pour le chrétien, la prière doit être « le souffle de vie », capable de ne jamais être interrompue, « pas même pendant que nous dormons », […]. Ainsi vécue, la vie de prière n’est pas présentée comme une alternative au travail et aux engagements que nous sommes appelés à accomplir au cours de la journée, mais plutôt comme ce qui accompagne chaque action de vie, « même dans les moments où elle n’est pas explicite »”. […] La prière est « la relation vivante des enfants de Dieu avec leur Père infiniment bon, avec son Fils Jésus-Christ et avec l’Esprit Saint » (CEC 2565). Dans ce dialogue, les fidèles ne se contentent pas de parler à Dieu, mais apprennent aussi à l’écouter, en trouvant des réponses et des orientations à la lumière de sa présence silencieuse. La prière devient ainsi le pont entre le ciel et la terre, un lieu de rencontre où le cœur de l’homme et le cœur de Dieu s’entremêlent dans un dialogue d’amour incessant.
- “La prière n’est pas une baguette magique !” dit le pape, “ce n’est pas une formule rigide qui, si elle est répétée correctement, donne, comme dans un commerce, le produit demandé ; Dans la prière, c’est Dieu qui doit nous convertir, ce n’est pas nous qui devons convertir Dieu, ce qui est offert doit être notre vie même, voire notre misère ! Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons faire l’expérience de la compassion de Dieu qui, comme un Père, vient à la rencontre de ses enfants plein d’amour miséricordieux".
- “Le pape […] a décrit la prière comme lieu où les chrétiens se reconnaissent membre de « l’unique famille de Dieu », parce qu’elle renforce les liens de fraternité qui nous unissent au même Père”.
- "Par la prière, il se produit comme une nouvelle incarnation de la Parole. Et nous sommes les « tabernacles » où la parole de Dieu veut être hébergée et conservée, pour visiter le monde [...]. Par la prière, la Parole de Dieu vient habiter en nous et nous y habitons. La Parole inspire les bonnes intentions et soutient l’action ; cela nous donne de la force, cela nous donne de la sérénité, et même lorsque cela nous met en crise, cela nous donne la paix".
- “Tout dans l’Église naît dans la prière, et tout grandit grâce à la prière. Lorsque l’Ennemi, le Malin, veut combattre l’Église, il le fait d’abord en essayant d’en tarir les sources, l’empêchant de prier. […] La prière est ce qui ouvre la porte au Saint-Esprit, qui nous incite à avancer. Les changements dans l’Église sans la prière ne sont pas des changements dans l’Église, ce sont des changements de groupe”.
Le document du Dicastère pour l'Evangélisation rappelle également qu'il existe différentes formes de prière :
- “L’adoration est un acte d’humilité et de révérence devant la grandeur de Dieu. […] Dans l’adoration, nous reconnaissons la souveraineté de Dieu et notre dépendance totale à son égard. Cette forme de prière nous ouvre à un sentiment plus profond d’émerveillement et de crainte face à la Toute-Puissance et à la Bonté de Dieu, renforçant notre foi et notre confiance en Lui. Il se distingue par le fait qu’il s’agit d’un acte de reconnaissance de la majesté de Dieu, non seulement en tant que Créateur, mais aussi en tant que Source vivante d’amour et de miséricorde infinis. Dans l’adoration, le chrétien est appelé à se montrer à Dieu avec un cœur pur et humble, en reconnaissant ses propres limites face à l’immensité divine. Ce type de prière ne nécessite pas de demandes ou de supplications, mais est une pure expression de l’âme qui se tourne vers Dieu dans la gratitude et la révérence, comme devant le Mystère incréé”.
- "La prière de louange et d’action de grâce est une expression de joie et de gratitude envers Dieu pour ses innombrables dons et bénédictions. Dans la louange, nous célébrons la grandeur, la beauté et la bonté de Dieu, reconnaissant sa présence vivante et vivifiante dans nos vies et dans le monde qui nous entoure. Dans l’action de grâce, nous répondons avec gratitude aux œuvres de Dieu, des plus petites aux plus grandes, sachant que chaque bien que nous recevons est un signe de son infinie bonté. Cette forme de prière nous aide à cultiver une attitude de gratitude, capable de façonner notre regard vers nos frères et sœurs comme signe et témoignage de la charité avec laquelle Dieu nous aime".
- "La prière d’intercession est la prière qui exprime le mieux la communion des saints : elle nous permet de prier pour les besoins des autres, en faisant preuve de solidarité, de compréhension et de compassion. Il est bien de souligner l’importance de cette forme de prière comme acte d’amour et de solidarité chrétienne, qui nous unit aux autres et nous rend participants à la souffrance et à l’espérance du prochain. La prière d’intercession est un puissant instrument de communion, à travers lequel nous pouvons porter devant Dieu les besoins du monde et les besoins de nos frères et sœurs. De cette façon, la prière d’intercession devient un pont qui relie les fidèles et leurs intentions, transcendant les frontières de l’espace et du temps, pour partager les joies et les souffrances des uns et des autres devant Dieu. Dans le contexte du Jubilé, la grâce de l’indulgence plénière peut s’appliquer à un fidèle défunt signifiant l’expression de la prière d’intercession qui nous unit à tous nos défunts, avec lesquels nous pourrons un jour jouir des biens célestes".
- “La prière de supplication reflète notre vulnérabilité humaine et notre besoin d’aide : avec ce type de prière, nous présentons à Dieu nos besoins personnels, nos désirs les plus profonds et nos préoccupations les plus urgentes. Nous encourager à présenter nos demandes à Dieu avec confiance et persévérance, en nous rappelant qu’il est toujours prêt à écouter notre cœur […]. La supplication devient donc un moment de communion intime avec Dieu, où notre vulnérabilité rencontre sa miséricorde et son amour infinis : à travers elle, nous apprenons à faire plus confiance à Dieu, en Lui confiant toute notre vie, nos soucis, nos espérances et nos désirs”.
Le document présente également différentes propositions pour vivre cette année de la prière : prière communautaire (messe, Liturgie des Heures, adoration eucharistique, etc.), prière en famille (prière du matin, prière avant ou après le repas, prière du soir, etc.), la prière dans des groupes de jeunes (prière vocationnelle, participation à la prière paroissiale, etc.), démarches personnelles ou communautaire pour approfondir notre relation au Seigneur et nous préparer au jubilé (pèlerinage, retraite spirituelle en paroisse ou dans un monastère, etc.).
Si vous souhaitez approfondir davantage, vous pouvez retrouver le document “Apprends-nous à prier” en cliquant sur ce lien.