

Horaire des messes
Bref aperçu historique
En 1850, sur les instances réitérées de la commune de Châtel-sur-Montsalvens, le gouvernement de Fribourg détacha cette commune de la paroisse de Broc et la réunit à la paroisse de Crésuz.
Un conflit à l'origine d'une chapelle
Sise entre les ruines du château de Montsalvens et le village de Crésuz, la petite localité de Châtel-sur-Montsalvens est semblable à un balcon face aux Préalpes qui surplombe le lac. Le village dépendait spirituellement du prieuré de Broc, depuis la Réforme, du chapitre de Saint-Nicolas de Fribourg qui en obtint la colature[1]. Les habitants de Châtel, comme ceux de la vallée, devaient se rendre à Broc pour les offices religieux. Vers la fin du 17ème, les résidents du lieu demandèrent au chapitre la permission d’ériger un lieu de culte par commodité pour les personnes âgées du village. Un paroissien s’offrait d’assumer les frais liés à ces travaux[2]. Les chanoines dépêchèrent un envoyé spécial pour réunir les informations nécessaires. Le rapport du chapitre fut défavorable aux gens de Châtel. Malgré ce refus catégorique, on commença les travaux en 1701. Pris au dépourvu le chapitre ne put ordonner la destruction de la chapelle, il en permit la bénédiction, mais il imposa des conditions drastiques en vue de préserver son intérêt et celui de la paroisse mère.
L’édifice bâti sur la route de Biffé sur une légère proéminence qui semble naturellement l’accueillir, est précédé d’une belle ferme caractéristique de la région. Le plan de base imite, à une échelle plus réduite, d’autres églises de la région. La nef de forme rectangulaire est surmontée d’une voûte en berceau lambrissée, technique très répandue en Gruyère au 17ème. Le chœur polygonal est recouvert d’une voûte d’arrête qui repose sur des consoles en forme de tête d’ange. Un médaillon quadrilobé, dans lequel est inscrit le monogramme du Christ[3], couronne la composition. La finesse des stucs du chœur est dû au talent des frères Giavina. Sur ces murs ont été représentés les saints patrons du lieu : saint Nicolas et saint Magne. Ils faisaient partie intégrante d’un retable plus ancien. Celui-ci a cédé sa place à l’autel actuel datant du 19ème siècle. La partie supérieure est composée d’éléments disparates plus anciens[4]. Le tabernacle en forme de tempietto, est une véritable petite construction architecturale à deux niveaux, coiffée d’un dôme soutenu par des colonnes. Elles enchâssent des arcades aveugles et une niche à coquille. Ça et là on peut distinguer des fragments de polychromies anciennes. Bien qu’éclectique l’ensemble mérite de l’attention. Enfin on remarquera dans la nef un tableau de Notre-Dame du Rosaire qui proviendrait de l’église de Broc où se trouvait une confrérie du même nom.
(Texte de l'abbé Fabien Benz, Journal Essentiel, décembre 2018)
[1] Droit de nomination du curé et de juridiction.
[2] Louis Waeber, Eglise et chapelle du canton de Fribourg, ed. St Paul 1957
[3] IHS qui signifie en latin « Jésus sauveur des hommes » ou encore les première lettre du nom Jésus en grec.
[4] Les éléments les plus anciens datent du 17ème siècle.