
Horaire des messes
Chapelle Sainte-Agathe
Parmi les œuvres d’art qui ornent la chapelle, deux ornements méritent l’attention du visiteur. En premier le groupe des apôtres qui orne le chœur. Ce dernier tel que nous le voyons aujourd’hui est incomplet. La composition était formée de cinq bas-reliefs : quatre groupes de trois figurant les apôtres et un dernier représentant Notre Seigneur. L’ensemble aurait été acheté par le curé Pierre de Gruyères lors de la liquidation des objets provenant de l’abbatiale de Payerne en 1560. Ces effigies formaient un retable à volet qui ornait précédemment le chœur de l’église de Gruyères[1]. Au gré des vicissitudes de l’histoire il fut démantelé et une majeure partie fut irrémédiablement perdue. Chaque personnage devait posséder à l’origine un attribut[2] permettant de le définir. On reconnaît aisément les saints André, Jacques le mineur, Jude et Simon. Les figures en pied se détachent d’un socle sans arrière-plan. Au-delà d’une présence physique forte, d’un regard assez direct et d’une stature droite, les figures des apôtres ne semblent pas entrer en contact avec le spectateur, elles évoquent une sorte de mélancolie méditative. Leur stature et les plis des vêtements sont caractéristiques du gothique tardif. De par leur style et leurs qualités artistiques, on attribue à Hans Geiler, la paternité de ce chef d’œuvre. Ces sculptures dateraient du début du XVIème.
En second les vitraux qui ornent les six fenêtres et la rosace. Le chanoine Pfulg, historien et ami des arts, avait demandé à Alfred Manessier de réaliser plusieurs verrières pour la cathédrale de Fribourg. Il proposa à l’abbé Jordan de venir avec ce dernier sur place pour les conseiller. Les conclusions de la première entrevue laissèrent les gens de Pringy un peu dubitatifs. Dans les jours qui suivirent, Gérard Pfulg confirmait par téléphone à l’abbé Jordan, que Manessier acceptait le mandat. On fit parvenir sans tarder au maître verrier des photos de la chapelle et du paysage environnant. On peut lire la thématique des vitraux de la manière suivante : au chœur l’artiste évoque la Résurrection (croix noir sur fond rouge et jaune) à l’attique la Pentecôte (les flammes de l’Esprit-Saint). Dans la nef on aperçoit le thème des saisons de la vie. Les tonalités pastelles traduisent tour à tour l’hiver et le printemps, puis l’automne et de l’été. L’oculus (à la tribune) figure l’image du Christ lumière du monde. De style non figuratif, ces verrières sont une poésie de couleur qui confère à la chapelle l’ambiance d’un authentique lieu sacré. Peu après leur réalisation Manessier devait décéder dans un accident de voiture. Les vitraux de la chapelle sainte Agathe sont sa dernière œuvre.
Pringy peut s’enorgueillir de posséder deux cycles d’œuvres majeures, d’époque certes différentes (le retable de Geiler et les vitraux de Manessier) qui sont parmi les plus belles de leur temps.